Câblage
Cat 6 ou Cat 6A : ce qui les sépare vraiment
La question n'est pas « quel est le meilleur câble » mais « combien de temps ce câblage doit-il tenir ». Un câble se change tous les quinze ans ; un switch, tous les cinq.
La différence tient en une ligne
Les deux catégories transportent 10 Gbit/s. La différence est la distance sur laquelle elles y arrivent.
| Cat 6 | Cat 6A | |
|---|---|---|
| Bande passante | 250 MHz | 500 MHz |
| 10 Gbit/s jusqu'à | ≈ 55 m | 100 m |
| 1 Gbit/s jusqu'à | 100 m | 100 m |
| Diaphonie exogène | Non spécifiée | Spécifiée et testée |
| Diamètre du câble | ≈ 6 mm | ≈ 7,5 mm |
| Rayon de courbure | Souple | Plus contraint |
Sur un lien court — une baie d'étage qui dessert le même plateau — le Cat 6 tient le 10 Gbit/s. Sur un bâtiment où les liens approchent les 90 mètres, il retombe à 1 Gbit/s. Le Cat 6A ne connaît pas cette limite.
Le facteur qu'on oublie : la densité
La diaphonie exogène est le parasitage entre câbles voisins. Elle est négligeable sur trois câbles dans une gaine, et bien réelle sur quarante câbles serrés dans un chemin métallique sur vingt mètres. Le Cat 6A est spécifié et testé pour ce phénomène ; le Cat 6 ne l'est pas.
C'est pourquoi le raisonnement « mes liens font 40 mètres, le Cat 6 suffit » se retourne parfois en pratique : la longueur n'est pas seule en cause, la densité du chemin l'est aussi.
Et le PoE ?
Alimenter des caméras, des bornes Wi-Fi ou des téléphones par le câble réseau fait circuler du courant dans les paires, donc chauffer le faisceau. Un toron dense et chaud dégrade les performances de transmission. Le Cat 6A, dont les conducteurs sont d'une section supérieure et dont la construction dissipe mieux, se comporte nettement mieux sous PoE++ soutenu.
Sur une installation qui alimente plusieurs dizaines de caméras, ce point pèse plus que le débit théorique.
Règle de décision
- Liens courts, faible densité, budget serré, horizon 5 ans → le Cat 6 fait le travail.
- Bâtiment entier, liens longs, chemins denses, PoE soutenu → Cat 6A.
- Rénovation lourde, murs rouverts une fois pour vingt ans → Cat 6A, sans hésiter.
Le vrai calcul économique
Le câble Cat 6A coûte plus cher au mètre, mais le câble n'est qu'une fraction du budget. Ce qui coûte, c'est de rouvrir un mur, de reposer une plinthe, de refaire une finition. Poser du Cat 6A lors d'un chantier déjà ouvert représente un surcoût modéré ; y revenir cinq ans plus tard coûte le prix du chantier entier.
La question à se poser n'est donc pas « de quel débit ai-je besoin aujourd'hui », mais « dans combien de temps suis-je prêt à rouvrir ces murs ».
Le point qui compte plus que la catégorie
Un Cat 6A posé sans soin — rayon de courbure écrasé, détorsadage excessif au connecteur, agrafes serrées — donne de moins bons résultats qu'un Cat 6 posé proprement. La catégorie fixe un plafond ; la pose détermine ce qu'on en atteint réellement.
C'est la raison pour laquelle nous certifions chaque lien après la pose. Le certificat indique la marge réelle sur chaque paire, et c'est le seul document qui prouve que l'installation tient sa catégorie annoncée.
Questions fréquentes
Le Cat 6 est-il dépassé ?
Non. Sur des liens courts, en faible densité et sans PoE soutenu, il reste parfaitement adapté et moins coûteux.
Faut-il forcément du blindé ?
Pas systématiquement. Le blindage devient utile en environnement perturbé ou en chemin dense, et il n'apporte son bénéfice que si la reprise de masse est correctement réalisée.
Peut-on mélanger Cat 6 et Cat 6A dans un même bâtiment ?
Oui, à condition de le documenter. Un lien mixte se comporte comme son maillon le plus faible, ce qui doit apparaître au plan de câblage.
Comment savoir ce qui est déjà installé chez moi ?
La catégorie est imprimée sur la gaine du câble tous les mètres. Un audit permet aussi de mesurer ce que l'installation existante délivre réellement.
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